voyage.

Tes doigts sur ma peau, ta main, délicatement dégage la mèche de cheveux derrière mon oreille, tes lèvres dans mon cou. Respire.

Tu m’inspires

Ça

.

Regard clos sur la lenteur de tes gestes, tu m’embrasses encore, si doux, tendresse

Je me sens gauche et fragile dans tes bras, maladroite de ne plus savoir comment toucher un autre, tu m’intimides un peu j’avoue.

Faire l’amour, tu dis, moi je dis baiser, tu vois tes mots à toi racontent une histoire différente de la mienne, alors je veux m’inviter dans ton monde et inventer la suite avec toi. Me perdre, quelques heures dans ta bulle, deshabillée par ton regard sous la jungle de ton salon.

J’aime la façon dont tu respires

Il ya des phrases comme ça qui débutent une histoire, parfois, ou restent suspendues sublimes, figées dans l’éphémère infini de ma mémoire. Et je fais rouler ces perles encore et encore, chaleur dans mon ventre, souffle court, pensées humides

Il y a en toi des choses de plusieurs filles que j’ai aimées

Alors je vacille un peu, en dedans, mais juste assez pour me retenir. Troublée. Je veux croire que tu sais comment viser juste dans ton authenticité. Même s’il n’y a pas de rôles dans cette scène, juste moi qui parle trop, et ton corps, déposé sur le mien.

Je te veux je crois, ou tu décides, je veux ta bouche et tes mains tes doigts dans le fond de mon ventre peut-être, tes longs doigts qui attrapent ma nuque, je veux, ton torse contre mon dos tes mains sur mes fesses mes hanches, t’avaler, cambrée, me perdre, je veux, encore un peu, de ta

réalité

chienne.


J’en ai des souvenirs

La bouche pleine de nos baisers 

Et de kilomètres de Lunes.

Mais il est tard et je voudrais dormir. Insomnie. 

Alors je me touche et je me fais jouir en pensant à ton cul écarté, ta face écrasée sur le coussin pendant que je te pénètre doggy-style. 

Une obsession sans cesse de ta cambrure, lorsque les rôles inversés présentent mes hanches contre ton bassin, ma main sur ton cou, couvrir ton visage pour étouffer tes cris.

Je ne te lâche pas. Mon sexe de plastique coulisse va-et-viens entre tes cuisses. Je mouille au moins autant que ton cul docile, et tu en redemandes.

Fais de moi ce que tu veux, tu supplies. Baise-moi.

Tes yeux mi-clos, révulsés, abandon.

T’es beau, quand tu jouis. T’es beau, quand tu me laisses prendre possession de ton corps et que tu deviens chienne.

Je t’adore si fort lorsque tu t’offres ainsi.

photo : Jessica Boily

sightseeing

Tes mains sur mes hanches, et le lent balancier de nos corps qui s’échauffent. Contre les draps, peaux moites, paumes sèches, des respirations humides. Je me demande à quoi tu penses.

Dans mes désordres internes, je ne nous entends plus. Parfois. A d’autres, nos rires sous les plafonds immenses, le sol carrelé d’une salle de bain bleue.

Entends tu le souffle qui m’enivre ?

A l’envie d’éphémères s’oppose le droit divin des évidences indicibles. Des échanges déliquescents entre deux signes du temps – destin, tu l’appelleras comme tu le souhaites, moi je rêve en couleur et en trois dimensions. De temps, d’espace, d’odeurs. De cris silences de dimanches à l’horizontale. Les matelas mous et les kilomètres de TGV – première classe, toujours. L’Est. Le Sud. L’été.

Tu t’endors. Au sourire de tes nuits, les bras qui m’entourent, ne me laissent aucun répit. Des nuits sans lune, le soleil qui éclot doucement au travers des persiennes.

if only you know how deeply …